L’ASSOFEM PEUT ERADIQUER LA MISERE DES JEUNES MERES IVOIRIENNES

Article du 25 juillet 2009

samedi 18 juillet 2009 – Par L’expression

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Grossesses précoces – La tragédie des filles mères

Avec les grossesses précoces, les jeunes filles doivent, en plus des problèmes familiaux, faire face aux problèmes de santé liés à l’immaturité de leur organisme. Les parents, eux non plus, ne s’en portent pas mieux.

La démarche nonchalante et le regard rivé au sol, A. Bakayoko semble fatiguée. Elle a à peine 15 ans. Et pourtant la jeune fille porte déjà sa première grossesse. Un état qu’elle n’a pas désiré. Elle a tout juste voulu faire comme les autres, avoir un petit ami avec lequel elle allait passer du bon temps. Malheureusement, cette petite envie de faire comme ses amies l’a entrainée dans une situation qu’elle regrette amèrement. Bien que honteuse, elle a accepté de partager avec nous sa souffrance. «J’étais en classe de 4ème lorsque j’ai fait la connaissance d’un jeune homme qui se trouvait dans mon établissement. Il était en classe de seconde et, par coïncidence, se trouvait dans mon quartier. Nous traitions quelquefois mes devoirs de maison ensemble. C’est d’ailleurs ce qui nous a le plus rapprochés. C’est bien plus tard que nous sommes devenus plus intimes. Tout s’est bien passé jusqu’à ce que je remarque,

trois mois plus tard, que mes menstrues s’étaient arrêtées. J’ai gardé le secret dans un premier temps parce je redoutais sa réaction. Mais, constatant que la situation ne revenait pas à la normale, je lui ai porté l’information. Je n’aurais pas dû le faire», raconte-t-elle presqu’en larmes. A. Bakayoko est très peinée de se retrouver dans un tel état à 15 ans. «Mes parents sont aujourd’hui très déçus de moi, mais ils ne veulent pas que j’avorte. Je vais certainement accoucher pendant ces vacances et je crois que le plus dur est à venir. Je serai en classe de 3e et je vais m’occuper toute seule d’un enfant parce que mon petit ami ne le reconnaît pas», confie-t-elle. Comme elle, de nombreuses filles de son âge contractent, chaque année, des grossesses précoces et se retrouvent quasiment seules à s’en occuper. Certaines, comme Mlle B., ont le «privilège» de rester en famille malgré la colère des parents.

D’autres par contre, généralement les jeunes filles musulmanes, sont chassées de la cellule familiale. Elles sont obligées de trouver refuge, soit chez des amies, soit chez des parents éloignés. C’est le calvaire que vit actuellement Mlle D. Bintou, 17 ans à peine. Son grand-frère avec qui elle vivait l’a mise dehors dès qu’il a constaté qu’elle portait une grossesse. «Il m’a demandé de quitter sa maison. J’ai trouvé refuge dans la cour familiale de l’auteur de la grossesse, à l’insu de ses parents. Je rentrais dans la cour à partir de 22h30 mn lorsque tout le monde s’endort. Je prenais ma douche, partageais son repas qu’il emportait en chambre. Je restais alors dans la chambre qu’il partageait avec deux de ses frères jusqu’au lendemain midi. Après la cuisine, lorsque les habitants de la cour rentrent se reposer, je sors de la chambre, je prends mon bain rapidement puis je sors de la cour. J’ai dû vivre

cachée ainsi pendant une semaine avant d’être découverte. Mon beau père m’a demandée de trouver un autre refuge et je suis allée habiter avec une de mes grand-mères qui loge dans les environs du centre antituberculeux d’Adjamé. Pour l’instant, je suis sans ressources, attendant d’accoucher pour pouvoir reprendre mon petit commerce. Les enfants de la bonne dame acceptent mal ma présence dans la famille. Mais où aller? », S’interroge-t-elle. En plus de ce problème social, ces jeunes filles-mères courent des risques de santé.

Les risques sanitaires

Selon le rapport annuel du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) rendu public le jeudi 9 juillet 2009, les adolescentes qui donnent naissance à un enfant avant l’âge de 15 ans sont cinq fois plus susceptibles de mourir en couches que les femmes d’une vingtaine d’années. «70.000 jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans meurent en accouchant ou des suites de complications liées à la grossesse», relève ce rapport. Des propos qui cadrent bien avec la situation vécue en Côte d’Ivoire. Selon Dr Cissé, gynécologue, les adolescentes qui sont enceintes avant l’âge de 18 ans peuvent être sujettes à divers accidents. Elles peuvent, selon la spécialiste, souffrir d’une toxémie qui est une intoxication du milieu de la vie de la cellule qui compose les organes du corps humain, d’une pré éclampsie qui se caractérise par une hypertension artérielle et d’une protéinurie qui est une prise de poids avec œdèmes, d’une infection

urinaire qui est la colonisation des voies urinaires par des bactéries et d’ictères au cours de la grossesses et d’un décollement du placenta. «La majorité des patientes que j’ai suivies et qui ont contracté une grossesse avant l’âge de 19 ans ont eu beaucoup de problèmes. Leurs bassins sont immatures, ce qui nous amène généralement à recourir à une césarienne. Quand bien même, il y a des risques d’avoir des morts nés ou des mortalités périnatales, il peut aussi y avoir des risques d’avortements spontanés. Mais le plus grave, c’est que certaines jeunes mères ont recours à l’avortement dans des conditions déplorables avec parfois des médicaments traditionnels. Ce qui crée des risques d’infections. On est quelque fois obligé de leur enlever l’utérus. Ce qui conduit ainsi à la stérilité à vie. Les décès dus à l’éclampsie s’élèvent à 4%, aux hémorragies à 30%, aux infections à 23%, aux

avortements à 10% », déplore-t-elle. Pour le Dr A. Jacques, gynécologue-obstétricien, c’est l’ignorance et le manque d’information qui sont la cause du problème. «La majorité des jeunes filles ignorent tout de la contraception et prennent ainsi le risque de contracter des IST (Infections sexuellement transmissibles) et le VIH sida. Les parents ne pensent pas à informer les filles. Ils se disent qu’une fille de 14 ou 15 ans ne peut pas être active sexuellement. J’ai permis l’accouchement des filles de 15 ans, 14 ans et voire même 13 ans parfois et certaines étaient séropositives. On ne peut pas leur parler de contraception sans que les parents ne nous accusent de les inciter à la débauche sexuelle. C’est malheureux», fulmine-t-il. Sans pouvoir prendre le contre pied de ces accusations, les parents de leur côté vivent difficilement la situation.

Une hantise pour les parents

Si certains parents, peut-être beaucoup plus par conviction religieuse, demandent à leurs enfants de conserver ces grossesses, d’autres conseillent à leurs filles de s’en débarrasser. «Mon père est respecté dans le quartier. Il m’a ordonné d’avorter ou de quitter la maison, car il ne pouvait pas supporter la honte d’héberger une fille-mère et le regard des autres. A aucun moment, il n’a pensé à ce que je ressentais et à ma souffrance. Mon petit ami ne pouvait pas s’occuper de moi, car il était en classe de terminale. J’ai été obligée d’avorter pour poursuivre mes études », confesse C.S, 15 ans, élève en classe de 4eme N. Charles, enseignant de mathématiques ne veut pas entendre parler de grossesse chez les adolescentes. «J’ai éduqué mes deux filles de 14 et 17 ans de telle sorte qu’elles poursuivent leurs études sans s’intéresser à la sexualité. Interdiction de regarder les feuilletons présentant

des scènes obscènes et de lire des romans à l’eau de rose. Je surveille leurs entrées et sorties ainsi que tous leurs amis, pas de téléphone portable et on ne parle pas de sexe à la maison. En tout cas, j’y veille et je prie le Tout Puissant pour que cela n’arrive pas maintenant, mais quand elles seront dans leurs foyers», affirme-t-il. T. Ahmed, lui, a chassé sa fille de la maison alors qu’elle était enceinte. «C’est l’aînée de la famille et elle devait leur donner l’exemple. Elle est tombée enceinte sans penser aux sacrifices que sa mère et moi avons consentis pour elle », explique le père. Ce dernier aurait certainement voulu que sa fille soit un exemple pour la société. Mais, elle a contracté une grossesse, précocement. Un phénomène qui est courant, et avec lequel il faut compter aujourd’hui malgré le dommage que cela crée aux victimes et l’anxiété qu’il provoque chez les parents. Le malaise

malheureusement persiste.

N. M.

Encadré : Une société malade de son système

Selon un assistant de l’Institut d’ethnosociologie de l’Université de Cocody qui a requit l’anonymat, le contexte socioculturel favorise les grossesses précoces. «On observe de plus en plus un relâchement de la cellule familiale qui a des répercussions catastrophiques sur l’éducation des enfants. L’éducation est souvent inachevée. Le sexe est à la vue et à la portée de tous», explique-t-il. Il ajoute que l’un des principaux facteurs de cette situation est l’école au niveau institutionnel et la communication avec les mass média. «Les films galvaudent le sexe et les jeunes filles s’essaient à la pratique comme elle le voit dans les films. A cela, s’ajoute le relâchement de l’éducation à l’école. Ces jeunes filles suivent beaucoup plus la mode que leurs études », explique le spécialiste. «Une société malade peut-elle donner naissance à des enfants en bonne santé ?», s’interroge le sociologue. Ce sont,

selon lui, autant de paramètres à prendre en compte dans le phénomène de plus en plus récurrent des grossesses précoces. Ces jeunes filles ne sont que le reflet de la société. Soignons donc ensemble le mal.

N.M

« Les femmes acteurs de développement

-Il est maintenant démontré que les sociétés qui pratiquent une discrimination basée sur le sexe paient en retour un prix significatif- -en terme de pauvreté, de croissance économique, de gouvernance et de qualité de vie.. »

(Banque mondiale, 2000)

« -Les femmes sont des actrices de développement et d’amélioration de l’état de santé de la population indispensables et responsables.

-De plus en plus d’actions et de programmes d’aide reposent sur elles.

-Elles cristallisent autour d’elles les familles et les communautés. »

(Madame Michèle BARZACH, ancien ministre de la Santé en France)

OUI, POUR L’ASSOFEM, LA LICORNE AIDEE DES FANCI DEVIENT UNE FORCE DE CONSTRUCTION EN CÔTE D’IVOIRE.

Dites-le au Président de la république française en lui écrivant sur le lien ci-dessous :

http://www.elysee.fr/ecrire/index.html

Dites-le au Premier Ministre de la république française en lui écrivant sur le lien suivant :

http://www.gouvernement.fr/premier-ministre/ecrire

Dites-le au Ministre de la Défense de la république française en lui écrivant sur le lien suivant :

courrier-ministre@sdbc.defense.gouv.fr

Dites-le au Président de la république de Côte d’Ivoire en lui écrivant sur ce lien :

http://www.cotedivoirepr.ci/?action=show_page&id_page=7

Dites-le au gouvernement ivoirien en cliquant sur ce lien :

http://www.gouv.ci/ecrire.php

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